Le cri dans la cave


Femmes et hommes du passé, Femmes et hommes d’aujourd’hui

Les femmes du passé ont souffert du pouvoir qui leur a été ôté. Pouvoir ôté par l’homme en les humiliant, les brisant, les violent, les privant de leurs enfants…J’entends leurs cris de douleur dans le fond d’une cave sombre. Levant les bras vers le ciel et priant d’être entendues et libérées, enfin !

Femmes d’aujourd’hui, écoutez vos pleures, regardez vos yeux clos, regardez votre douleur, entendez vos mots. Et regarder l’homme d’aujourd’hui, qui pleure sans douter de sa douleur. Il paye au même titre que nous les femmes les horreurs du passé.

Animés femmes et hommes par ses fantômes du passé, ils guident nos faits et gestes pour nous faire comprendre. Ils nous guident dans les reproches, les conflits, la maladie, la destruction de l’autre et la destruction de soi pour que la souffrance soit encore plus grande.

Comment les femmes et les hommes du passé peuvent se faire entendre ? Par la souffrance en chacun de nous, femmes et hommes d’aujourd’hui.

Femmes et hommes, qui aujourd’hui pensent s’unir au nom de l’amour. Oui ! l’Amour, mais pas celui que l’on croit… c’est justement au nom de l’amour que la guerre éclate. Ne craignez pas les conflits externes qui ne sont que reflets de nos conflits internes, traversez-les tous avec courage. Ils ne sont pas là pour nous détruire mais pour nous libérer du mal en nous, celui de toutes les guerres, de toutes les atrocités, de toutes les vengeances du passé…Le message du monde extérieur est puissant, violent, provocateur, manipulateur de façon si énorme que nous pouvons plus que toucher notre impuissance, se trouver à terre la tête baissée, comme un fœtus le nez face à son propre cœur, pour enfin regarder en chacun de nous.

Là commence notre véritable mission, celle pourquoi nous sommes nés.

A partir de cet instant, recroquevillé comme à l’origine, un fœtus, un bouton de rose, un bourgeon…A partir de cet instant, le pouvoir de regarder au fond de soi comme regarder un film dans une salle de cinéma, sans jugement ni compréhension, juste à l’écoute de sensations, d’émotions et se laisser traverser sans lutte. Juste dans l’acceptation de ce qui est là.

Tout ce que tu vis dans cet instant est toi, ne rejette rien, tu as besoin de tout, de la moindre partie de toi. Ne les juge pas, si elles te déplaisent, c’est parce qu’elles souffrent. Écoute-les, pose leurs des questions, regarde-les avec amour et si tu es en colère dit lui mais parles. Parle avec chacune d’elles. Chacune de tes parts car ces parts, c’est toi.

Si c’est difficile pour toi, alors prends-toi un instant pour un héros ou une guerrière combattant au nom de l’amour.

Au nom de l’amour, l’amour, le vrai, celui que tu découvriras en toi et que les enfants verront.Parce que tu es sur le chemin, tu l’éclaires de ta lumière pour leur montrer.

« Regarde fils, regarde fille, vous pouvez ouvrir les yeux, vous n’avez plus de raison d’avoir peur. J’ai regardé la souffrance du monde à travers moi, j’ai défriché des sentiers de ronces, nettoyé les pieds de chaque arbre, j’ai hurlé la douleur, supplié tous les Dieux, j’ai rampé sur des chemins de cailloux, déplacé des montagnes de croyances pour les comprendre.

Mon corps est blessé par tant d’épreuves mais quel bonheur !
Mon visage est tailladé mais quel honneur !

Tout est possible pour vous mes enfants. J’ai regardé, rouvert, désinfecté et soigné chaque blessure, chaque souffrance, chaque douleur jusqu’à la dernière, et cela jusqu’à mon dernier souffle.

Je laisse entre vos mains un monde meilleur, guérit de ces blessures du passé. Je ne peux qu’être là maintenant, me reposer enfin, au fond de chacun de vous. Rentrer à la maison après avoir bravé vents et marées, tempêtes et soleils desséchants.

Tu entendras ma mélodie, sentiras ma chaleur, éprouveras mon plaisir, entendras mes pas et mes rires.

C’est de ma joie dont il s’agit, cette joie profonde que tu ressentiras.

Votre cœur est pur, et parce que votre cœur est pur, le monde est beau, lumineux, nourrissant de fruits du pardon et de la compassion, s’abreuvant à la source où est né l’amour.
Là d’où je viens, je vous ramène.»

Ecrit par Valérie Rivière le 25 avril 2017
Merci aux hommes de ma vie pour m’avoir permis de voir votre douleur.

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