Les 3 inconnus

originalL’amour est un paradoxe

« Bien qu’étant ce qui fait jouir par excellence, ce qui caractérise le débordement d’émotion qu’engendre tout grand amour, c’est sa propension à tourner au drame, au sacrifice de ses désirs ou de ceux de l’autre et parfois de la vie ».

L’amour de l’autre est le manque en soi

« Désirer séduire quelqu’un signe que l’on a été touché, qu’un manque en soi a été épinglé inconsciemment par l’autre : sa beauté, un bout de son corps, un regard, une attitude, une parole. »

L’enfant n’est pas le ciment du couple

« Un enfant ne réparera pas une enfance douloureuse, un enfant n’épongera pas par sa simple présence le problème des parents, en ceci que cet amour ne pourra en aucune façon être leur raison de vivre, cette raison, c’est en soi qu’il faut la trouver pour pouvoir montrer le chemin de cette voie à d’autres. De même un enfant ne peut être le ciment du couple. »

L’amour est à puiser au fond de son être

« L’amour c’est des moments, pas du tout le temps, l’amour, cela se ressent, et si cela ne se ressent pas, il n’y a pas à culpabiliser pour cela, il reviendra. L’amour n’est pas à attendre tout de l’autre, l’amour vient de la faille qui est en soi, non du plus haut ni plus bas, ni de l’apparence, mais du fond de soi. […] Car le propre de l’être humain, c’est de ne pouvoir s’auto-suffire ».

Le prince/la princesse charmant(e) n’existe pas

« La princesse charmante ou le prince charmant, que l’on attendait dans ses rêveries les plus intimes, n’est effectivement qu’un rêve, dont les fondements piquants se reposent sur un mol oreiller, que la réalité au bout d’un moment se chargera de rappeler par leur dureté pour nous réveiller. L' »idéal », la « moitié », la « bonne », le « bon », n’existent pas ; de surcroit quand bien même par magie ils existeraient, ils ne nous satisferaient pas. »

Il faut aussi savoir se séparer

« Rester à tout prix avec l’autre, au point de se faire maltraiter, relève d’une erreur, de l’idée que l’amour n’est pas pour soi, qu’on ne le mérite pas ».

« L’enfer, ce n’était pas l’autre, contrairement à ce que laissait à désirer la haine qui éclate dans une séparation ; ce qui était en jeu chez l’autre cet enfer était d’ores et déjà en soi. »

Le sexe n’est pas au centre de tout, mais…

« Idéalement l’amour entre un homme et une femme, le véritable amour, devrait être une relation susceptible de concilier différents moments de plaisir, plaisir de l’échange intellectuel, de l’échange affectif, mais aussi plaisir sexuel ».

« Le sexe enracine l’amour dans quelque chose de vrai, auquel la parole seule n’a pas accès. Ne pas le partager implique un refus d’entamer une position de maîtrise, un refus de reconnaître l’amour dans sa source la plus originelle, le réel fragile mortel qui nous spécifie, ce souffle de vie qui attache à l’autre, sans qui la vie n’a que peu de sens. Ce lit où l’amour se glisse est un tremplin hors sens, un tremplin de plaisir blanc où, par la tendresse, le trou commun qu’est la jouissance sexuelle pour la conscience se partage, en enjoignant deux individus à désirer se parler. »

L’amour fusionnel n’existe pas

« Je n’ai pas parlé de cette relation (le couple NDLR) comme d’une fusion, comme d’une entité à part entière, parce qu’elle n’est pas possible, parce que cette fusion n’existe pas. On peut croire qu’elle existe, et a priori on le croit, mais tous les ratages amoureux dérivent de cette croyance. »

Il ne faut pas refouler notre haine pour que le couple perdure

« Qu’est-ce qu’il se cachent ces gens qui s’aiment? Ce qu’ils se cachent, c’est la haine. Ce qui fait que très souvent, à l’éviter cette haine, à éviter de la penser, un couple devient un cadre formel où deux célibataires vivent ensemble. Deux célibataires dont l’union n’est que sociale et non plus intime. »

La parole est au centre de tout

« Parler en amour veut dire parler de ce qui rate, pour trouver des solutions qui conviennent aux deux parler de ce qu’on ressent sans avoir peur de faire mal à l’autre. Parler honnêtement et non faux pour soi-disant protéger l’autre, car le truc curieux, c’est que la farce que l’on veut faire gober à l’autre, on en est farci, on y croit. Et au bout d’un moment, cette croyance se retournera contre soi ».

Il faut accepter le plaisir sans se cacher

La plupart des gens s’interdisent le plaisir dès qu’il est permis. Il est plus facile de prendre du plaisir dans la transgression, c’est-à-dire de voler son plaisir en se cachant derrière quelqu’un représentant l’interdit, que de s’autoriser cette ouverture, cette suspension pour profiter des moments où l’on est ensemble sans se réfugier contre quelqu’un supposé l’interdire.

Elsa Cayat

Valérie RIVIÈRE
Psycho-Somatothérapeute
31 – Muret – Toulouse

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